Que signifie la cession d’un cabinet de conseil SAP français à un acteur d’infrastructure cloud et de services managés pour le marché du conseil ERP et pour les cabinets SAP de taille intermédiaire ?
Une cession modeste qui éclaire la consolidation du conseil SAP intermédiaire
Keyrus a annoncé le 1er septembre 2026 la cession de Xiomega Consulting à oXya, acteur d’infrastructure et de services managés cloud d’applications critiques et SAP, soutenu par Montefiore Investment (source : Idéal Investisseur, septembre 2026). Selon La Revue du Digital, le montant de l’opération n’est pas communiqué. Le même média indique que Xiomega a réalisé 6,08 millions d’euros de chiffre d’affaires et 604 000 euros de bénéfice en 2025 (source : La Revue du Digital, date de publication non précisée).
Le format de ce cabinet compte. Une structure de trente consultants ne déplace pas à elle seule le marché du conseil. Elle permet en revanche de proposer une lecture : la valeur d’un cabinet SAP de taille intermédiaire pourrait se rapprocher de l’infrastructure et de l’exploitation managée. Le cédant formule lui-même l’enjeu en ces termes : Eric Cohen, fondateur et président exécutif de Keyrus, indique que « notre stratégie induit des choix et de concentrer nos moyens là où nous souhaitons construire notre avenir » (source : Idéal Investisseur, septembre 2026 ; communiqué Keyrus du 1er septembre 2026).
On peut y lire que, pour un cabinet de cette taille, la question n’est plus seulement le chiffre d’affaires mais la capacité à tenir des relations durables avec les grands comptes et à recruter des consultants. Selon La Revue du Digital, Xiomega a séduit oXya par sa capacité à nouer des relations stratégiques et durables avec de grands clients, ainsi que par son talent pour recruter et fidéliser des consultants SAP de haut niveau, ce qui est, selon l’article, « un différenciateur clé sur le marché actuel » (source : La Revue du Digital, date non précisée).
Xiomega et oXya : deux cabinets d’échelles et d’origines différentes
Xiomega Consulting a été fondé en 2014 (source : Idéal Investisseur, septembre 2026 ; La Revue du Digital, date non précisée). Basé à Lyon selon La Revue du Digital, il accompagne grands groupes et ETI dans des programmes de transformation, principalement autour de SAP, à travers des activités de conseil, d’AMOA et de direction de programmes. Il compte trente consultants internes et est présent en Suisse sous la marque M55 Consulting. Contrôlé depuis 2020 par Keyrus, qui en avait acquis une participation majoritaire, il change de mains dans une opération dont les conditions financières ne sont pas communiquées (source : La Revue du Digital, date non précisée).
oXya, de son côté, a été créé en 1998 à Paris. Le groupe a été vendu en août 2023 au fonds Montefiore Investment par Hitachi Vantara (source : Le Monde Informatique, date non précisée). La Revue du Digital indique qu’oXya emploie plus de 1 000 salariés en Europe, en Amérique et en Asie, et a réalisé en France 119,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pour un bénéfice net de 14,35 millions d’euros (source : La Revue du Digital, date non précisée). Le Monde Informatique, dans un article plus ancien, évoquait plus de 900 personnes : les deux effectifs ne sont pas datés de la même façon.
Comparaison : un cabinet rattaché à un ensemble de services managés
Le tableau ci-dessous met en regard les trois entreprises, lorsque les données sont disponibles dans les sources consultées.
Xiomega Consulting, oXya et Keyrus : données disponibles dans les sources consultées (22 octobre 2026)
| Critère | Xiomega Consulting | oXya | Keyrus (cédant) |
|---|---|---|---|
| Création et ancrage | Fondé en 2014, basé à Lyon ; présent en Suisse sous la marque M55 Consulting | Créé en 1998 à Paris | Positionnement « Architecte de l’Intelligence » (données, transformation des entreprises, IA) ; coté sur Euronext Growth Paris |
| Effectifs | Environ 30 consultants internes | Plus de 1 000 salariés en Europe, Amérique et Asie | Plus de 3 000 collaborateurs dans 30 pays (communiqué Keyrus) |
| Chiffre d’affaires | 6,08 millions d’euros en 2025 | 119,8 millions d’euros en France en 2024 | 170,2 millions d’euros au S1 2026 (fiche Idéal, périmètre non précisé) |
| Bénéfice | 604 000 euros en 2025 (nature non précisée) | 14,35 millions d’euros de bénéfice net en France en 2024 | Non précisé dans les sources consultées |
| Actionnariat | Contrôlé par Keyrus depuis 2020, puis cédé à oXya (conditions non communiquées) | Montefiore Investment depuis 2023 (ancien propriétaire : Hitachi Vantara) | Non détaillé dans les sources consultées ; Eric Cohen, fondateur et président exécutif |
| Expertises | Conseil, AMOA et direction de programmes SAP ; finance, supply chain, ventes et marketing | Infrastructure et services managés cloud, SAP ; GRC et IAG via ArtimIS et axl & trax | Données, transformation des entreprises, IA ; positionnement « Architecte de l’Intelligence » |
| Clientèle citée | Luxe, pharmacie, industrie, supply chain (Idéal) ; industrie, transport, luxe, services (La Revue du Digital) | Non détaillée dans les sources consultées | Non détaillée dans les sources consultées |
Sources : Idéal Investisseur (annonce du 1er septembre 2026) ; La Revue du Digital (date non précisée) ; communiqué Keyrus (1er septembre 2026) ; Le Monde Informatique (date non précisée). Les montants de Xiomega portent sur l’exercice 2025 ; ceux d’oXya concernent la France et l’exercice 2024. Le chiffre de Keyrus provient de la fiche chiffres clés d’Idéal Investisseur (période S1 2026) ; le second montant de cette fiche n’est pas utilisé faute de libellé explicite.
La différence d’échelle est nette. Selon les chiffres cités, Xiomega représente environ 5 % du chiffre d’affaires français d’oXya en 2024 : 6,08 millions d’euros en 2025 rapportés à 119,8 millions d’euros en 2024. Il s’agit d’un ordre de grandeur calculé par la rédaction, sur deux exercices différents. Les marges sont proches : environ 10 % pour Xiomega en 2025 (604 000 euros sur 6 080 000 euros, nature du bénéfice non précisée) contre environ 12 % pour oXya France en 2024 (14,35 millions d’euros de bénéfice net sur 119,8 millions d’euros). Ces ratios sont des calculs de la rédaction ; les périmètres comptables ne sont pas homogènes.
La clientèle diffère selon les sources. Idéal Investisseur cite le luxe, la pharmacie, l’industrie et la supply chain, alors que La Revue du Digital cite l’industrie, le transport, le luxe et les services. Les deux listes se recoupent sans se confondre. Pour Keyrus, le communiqué du groupe mentionne plus de 3 000 collaborateurs répartis dans 30 pays. La fiche chiffres clés d’Idéal Investisseur affiche 170,2 millions d’euros de chiffre d’affaires pour le premier semestre 2026 ; la même fiche comporte un second montant de 47,2 millions d’euros sans libellé explicite, que nous n’utilisons pas. La répartition de l’activité de Keyrus par métier n’est pas précisée dans les sources consultées.
Keyrus recentre sur l’IA, oXya étend son offre fonctionnelle SAP
Keyrus présente la cession comme une étape de sa transformation. Idéal Investisseur indique que l’opération s’inscrit dans la transformation engagée en 2025 et vise à concentrer les ressources autour du positionnement d’« Architecte de l’Intelligence », présenté au marché en juin 2026 (source : Idéal Investisseur, septembre 2026). Le communiqué de Keyrus rappelle aussi la cession antérieure de ses activités Life Sciences CRO. Les titres liés de la page d’Idéal Investisseur mentionnent par ailleurs des négociations exclusives pour céder Vision.bi à Deloitte Israel (article publié le 27 mai 2026) et le rachat du néerlandais Inlumi pour renforcer l’offre finance et IA (article publié le 8 juillet 2026). Ces éléments dessinent un portefeuille en recomposition, mais ne permettent pas de mesurer la part totale du conseil SAP que Keyrus abandonne.
Côté acquéreur, oXya poursuit l’extension de son offre fonctionnelle SAP. La Revue du Digital rappelle les acquisitions d’ArtimIS, puis d’axl & trax au Benelux, dans la gouvernance, le risque et la conformité (GRC) ainsi que la gouvernance des identités et des accès (IAG). Selon le même média, les compétences de Xiomega en finance, supply chain, ventes et marketing prolongent cette extension (source : La Revue du Digital, date non précisée). Le directeur général d’oXya, Geert Vandendorpe, estime que les expertises de conseil, de pilotage et de direction de programmes de Xiomega complètent le savoir-faire historique du groupe autour des environnements SAP, notamment dans la préparation des trajectoires vers S/4HANA et RISE (source : Idéal Investisseur, septembre 2026 ; communiqué Keyrus).
On peut y lire une logique de complémentarité : l’acquéreur ajoute une couche de conseil fonctionnel à son activité d’exploitation. Les sources consultées ne précisent pas si oXya prévoit de développer davantage de conseil en propre. Cette intention n’est donc pas établie.
RISE et S/4HANA : la migration SAP devient un sujet d’infrastructure
Le contexte de marché éclaire l’opération. Un benchmark publié par DAF Mag le 30 mars 2026 indique que la migration vers S/4HANA est proposée sous deux formes principales, dont RISE with SAP, décrit comme un cloud privé managé par SAP (source : DAF Mag, 30 mars 2026). Le communiqué de Keyrus évoque de son côté un marché marqué par l’évolution profonde des environnements SAP et par les prochaines étapes de migration des systèmes.
Ces éléments ne concernent pas directement Xiomega ni oXya. On peut y lire que la trajectoire RISE mobilise à la fois une dimension de conseil, avec l’AMOA et la préparation fonctionnelle, et une dimension d’exploitation cloud, ce qui correspond au périmètre que la cession combine. On peut aussi y lire que la frontière entre cabinet de conseil et fournisseur de services managés se déplace sur ces projets, et que des cabinets de taille intermédiaire pourraient être rattachés à des acteurs d’infrastructure pour offrir un parcours continu. Il s’agit d’une interprétation, non d’un constat établi par les sources.
Grille de lecture pour les cabinets SAP de taille intermédiaire
Quatre points permettent de lire cette opération sans la surinterpréter :
- Périmètre financier : le montant de l’opération n’est pas communiqué. Les seuls chiffres disponibles sont ceux de 2025 pour Xiomega (6,08 millions d’euros de chiffre d’affaires, 604 000 euros de bénéfice), publiés par La Revue du Digital.
- Dépendance aux consultants : Xiomega repose sur trente consultants internes, et La Revue du Digital place le recrutement et la fidélisation de ces profils au cœur de l’intérêt de l’acquéreur.
- Positionnement du cédant et de l’acquéreur : Keyrus se recentre sur l’« Architecte de l’Intelligence », tandis que oXya prolonge l’extension de son offre fonctionnelle SAP, notamment vers la finance, la supply chain, les ventes et le marketing.
- Nature de l’offre : conseil de programme d’un côté, infrastructure et services managés de l’autre. La migration RISE peut rapprocher les deux, sans que cela suffise à établir un mouvement général du marché.
Éléments non précisés dans les sources consultées : le montant et les conditions financières de la transaction, la date de réalisation effective de la cession, et la répartition du chiffre d’affaires de Keyrus par activité.
Sources
- Idéal Investisseur (2026-09-01) : Keyrus cède Xiomega Consulting, son cabinet SAP, à Oxya
- La Revue du Digital (non precisee) : Oxya acquiert le lyonnais Xiomega pour s’étoffer avec 30 consultants SAP expérimentés
- Keyrus (communiqué de presse) (2026-09-01) : Keyrus cède Xiomega Consulting à oXya
- Le Monde Informatique (non precisee) : Oxya rachète la société de services belge Axl & Trax
- DAF Mag (2026-03-30) : Les Benchmarks DAF 2026 : les acteurs de la modernisation du SI finance





